mercredi 29 janvier 2014

Faire des appliques en forme de vague

Je ne vais pas vous montrer les costumes de Venise avant Venise, histoire de ménager la surprise. Mais je vais quand même vous parler de certains détails sur lesquels je travaille en ce moment. Pour aujourd'hui, des motifs en forme de vague avec lesquels j'ai décoré un jupon XVIII°. 

Qu'est-ce que j'appelle une vague?

Une vague "normale", correspond peu ou prou au schéma n°1, une alternance d'arcs de cercles pointant vers le haut et vers le bas (pour autant qu'on puisse pointer quand on est un cercle). Mais ce n'est pas ce que je voulais.
Je voulais une vague avec des effets de pleins et de déliés, c'est à dire plus épaisse dans ses sections horizontales et plus fines dans les verticales. Comme sur le schéma n°2.
Car, voyez vous, l'objectif c'est de faire deux bandes de vagues et de les entremêler, comme sur le schéma n°3. Sans l'effet de pleins/déliés, les vagues auraient été trop épaisses aux croisements et le motif aurait perdu en finesse.
Pour compliquer encore un peu la chose, je ne voulais pas des vagues en demi-cercles (comme le montrent mes dessins, qui ne sont donc pas super bien faits) mais en arcs inférieurs à 1/2 diamètre. Le but est que mon arc soit un peu plat, moins haut que large. En effet, entrelacer deux rubans de vagues formées par des demi-cercles revient à aligner des cercles entiers (j'avoue, c'est technique mais en y réfléchissant, on trouve). Et ce n'est pas ce qu'on veut.

Une fois qu'on a tout le système d'hypothèses, vient le moment de tracer. J'ai pensé que ça pourrait vous intéresser parce que j'ai trouvé une petite astuce super facile. Perso, j'adore les maths et la géométrie en particulier, mais je sais que ce n'est pas le cas de tout le monde, alors place à... la géométrie à l’assiette !

Tracer les vagues 

Chaque panneau de mon jupon fait 140 cm de large (original, hein?). Je décide de placer 6 vagues (3 vers le haut, 3 vers le bas) sur chacun. Les vagues doivent donc faire 140/6 = 23,4 cm de large.
Je décide aussi que les vagues, au plus épais, mesureront 5 cm.
Je commence par tracer la trame :

  • des traits horizontaux, espacés de 5 cm
  • des traits verticaux, espacés de 23,4 cm


Puis vient le tour de l'assiette. Le plus dur est de choisir celle dont la corde à 23,4 cm correspond à un arrondi qui nous plait. Ensuite, je marque les extrémités de cette corde de 23,4 cm (sur des sparadraps c'est pas mal, ça évite de pourrir une assiette).
 
Ensuite c'est tout simple, j'aligne les repères de l'assiette sur la trame et je trace, une fois vers le haut, une fois vers le bas. 
N.B. : deux traits auraient suffit pour faire un gabarit de vague. J'en ai fait deux pour faire deux gabarits d'un coup. 

Le résultat

Mon tissu est une fausse peau de mouton synthétique. j'ai suivi les conseils de Green Martha pour découper cette merde sans trop la bousiller. Pour info, j'ai utilisé des petits ciseaux de brodeuse, j'ai l'impression d'avoir coupé moins de poils avec ça... 
Une bande de vagues
Entremêlage en cours
Motif final
Si j'ai le temps, j'agrémenterai les intersections avec des noeuds-noeuds.

lundi 27 janvier 2014

La robe années folles du réveillon en situation

Presque un mois après, voici les photos du réveillon. Pour aller avec ma robe violette, j'avais commandé des gants sur Internet. Ils se sont avérés hideux mais comme c'était soit ça, soit les bras nus, je les ai portés un moment. J'avais également tenté la coiffure à crans (visible sur la première photo). C'est pas terrible mais il y a de l'idée. 
Sur les photos, vous verrez également :
  • Jean, qui porte son costume de marié qui lui va toujours aussi bien (il est beau mon mari, hein?). La raie sur le côté lui donne un air de gendre idéal assez marrant.
  • mon petit frangin, qui porte le costume 3 pièces sur lequel j'ai tant galéré (enfin sur la photo il ne porte pas le frac, mais il l'avait).

Les deux premières photos sont de Bertrand. Les autres ont été prises par Mathieu (qui n'a pas de compte Flickr).
Tout le monde a vraiment bien joué le jeu du costume et ça a ajouté une petite touche de folie à ce réveillon très sympa !

mardi 7 janvier 2014

Coiffer une perruque d'homme sous Louis XV

La coiffure, ce n'est pas mon point fort, mais il faut bien se lancer un jour... Voici comment j'ai coiffé ma toute première perruque. 

0. S'inspirer

Il y a évidemment mille façons de se coiffer quand on est un homme au temps de Louis XV. Le site coiffures du passé, en référence un sacré paquet. Au passage, ce site est vraiment super pour les gens qui ont du mal à comprendre comment les coiffures sont construites. Un grand merci à l'auteur ! 
En ce qui me concerne, j'ai choisi la coiffure qui m'a semblé la plus simple à réaliser et qu'on voit sur de nombreux tableaux (ci-dessous Louis XVI deux fois et Mozart) : les cheveux du haut et de l'arrière du crâne pris dans un catogan, ceux des côtés roulés en marteaux. 
 


1. Choisir la perruque

Il y en a pour tous les budgets. En ce qui nous concerne, nous n'avions guère envie d'investir lourdement, notamment parce que mes compétences en coiffure ne le justifient pas. Nous avons donc atterri rue du château d'eau et craqué pour une touffe à 40€.
 
Quelques critères de choix : 
  • La taille. A château d'eau, la plupart des perruques sont pour les dames. Leur taille est a priori plus petite que celle des perruques pour hommes. Certaines sont réglables en taille (celles-ci permettent en général d'atteindre un tour de tête plus large). Vérifiez que la perruque pourra bien accueillir la tête de son propriétaire final (et que celle-ci n'y sera pas trop serrée, sans quoi ledit propriétaire peut devenir fou).
  • la longueur. Pour faire un catogan, il faut déjà une belle longueur. Sinon ça fait un petit palmier pas du tout viril.
  • la couleur. J'ai suivi les conseils unanimes du Ministère des Modes et privilégié une perruque de la même teinte que les cheveux de monsieur. Et non pas blanche. En gros, les perruques blanches c'est pour faire le juge ou le père noël. Pour faire Louis XV, il faut une perruque de couleur, que l'on poudre après coiffure.  
  • la brillance. Plus c'est mat, mieux c'est. Mais à 40€, c'est forcément un peu brillant quand même. Tout est question de compromis. 

Pour info, j'ai aussi acheté des mèches souples de la même couleur (6€) pour réaliser les marteaux.


2. Coiffer

Pour coiffer cette perruque, j'ai eu besoin :
  • de laque
  • d'un fer à friser
  • de fil à la couleur de la perruque et d'une aiguille
  • d'un peigne
  • d'épingles et d'élastiques à cheveux

J'ai commencé par former les marteaux. J'ai coupé une mèche de la largeur souhaitée pour le marteau, je l'ai enduite de laque et enroulée immédiatement autour du fer à friser (température basse). J'ai ensuite cousu le marteau (pendant qu'il est sur le fer c'est plus facile), en me servant de la bande supérieure des mèches. Puis j'ai retiré mon fer à friser et obtenu un joli petit marteau.
   
Sur la perruque, j'ai séparé les masses de cheveux en trois : ce qui va aller dans le catogan et ce qui va aller dans chacun des marteaux. J'ai séparé les mèches de mes catogan en deux, horizontalement. Il ne restait plus qu'à enrouler les catogans autour de ces demi-mèches (exactement comme on enroulerait des bigoudis) et à les fixer avec des épingles à cheveux. Pour finir, j'ai tout noyé sous la laque.
 
Et voici le résultat, avant poudrage.

vendredi 20 décembre 2013

Bilan des opérations 2013

Sur 2013, la tendance couture est incontestablement au repli. Comme pour la bourse finalement, mais là, je me sens plus concernée.

On note toutefois quelques nouveaux costumes :
Encore trop peu d'occasions de porter ces costumes, mais malgré tout un peu plus que l'année dernière :
2013 c'est aussi une très bonne année pour ce blog, bien que je n'ai pas tenu l'objectif de vous écrire une fois par semaine. Vous êtes de plus en plus nombreux à lire ces pages et à les commenter. Et ça me fait très plaisir ! Vous rendez le blog réel. Grâce à vous il n'est pas un espace virtuel qui flotte dans les méandres de l'Internet mondial, mais un contenu vu par des vrais gens.
Je continue à croire que si vous venez c'est que vous trouvez ici des choses intéressantes* :  des belles images, des idées, des informations sur des choses réussies ou sur des choses ratées. Ce retour me stimule énormément. Je ne voudrais pas vous montrer des choses nazes alors je me renseigne, je teste, je cherche des modèles qu'on n'a pas déjà vus dix fois, des tissus qui font la blague... Bref vous me poussez à progresser et je vous dis sincèrement merci.

2014 s'annonce sous de très réjouissants hospices puisque nous allons participer au carnaval de Venise pour la première fois. Plein de costumes inédits en perspective et des photos prises dans un cadre extraordinaire. Je ne vous en dis pas beaucoup plus pour l'instant, histoire de garder la surprise, mais sachez que pas moins de 4 costumes (deux pour moi et deux pour Jean) sont en préparation. Lever de rideau en février !

En attendant :
très bonnes fêtes de fin d'année à tous

* Bon OK, c'est pas vrai pour tout le mode et certains échouent par ici sans qu'on comprenne le pourquoi du comment (merci Google). Celui qui est tombé sur Velours Bleu Dentelle Noire (VBDN pour être à la pointe de la blogging mode) en tapant "joli cul sous liquette" a du être sacrément déçu... Ceci dit, c'est vrai que j'ai un beau cul !.

mardi 10 décembre 2013

Robe années folles du réveillon : finie (ou presque)

Et voilà ! Je me suis sortie de la broderie. Il me reste à ourler les emmanchures et le volant de la robe de dessus et tout sera bouclé.
Les photos ne rendent pas hommage à la robe : je ne sais pas pourquoi le satin brille autant et les sequins aussi peu alors que dans la vraie vie, c'est l'inverse.
Ce qui me plait vraiment beaucoup, c'est le mouvement (on le voit un peu sur la première photo d'ailleurs). L'alliance mousseline légère et perles lourdes donne vraiment un mouvement particulier.
Par contre, mon motif n'est probablement pas passez chargé. Il est fort possible que j'ajoute encore des brillants là-dessus. Mais ce sera pour plus tard car je suis déjà à la bourre sur d'autres projets...

mercredi 4 décembre 2013

Robe années folles du réveillon : les robes de dessus

J'ai commencé à tailler la mousseline et à assembler les pièces. C'est chiant à couper, la mousseline ne tient pas en place. L'assemblage est long aussi car fait à 75% à la main. Je me permets juste un passage en machine pour surfiler les marges de coutures. Tout le reste est le fruit de mes blanches mimines.

Je suis vraiment contente de la forme de mes pièces. Le rendu est assez fidèle à mon modèle je trouve. Et puis finalement, je m'habitue au violet. Donc au global, je suis contente (c'est déjà ça).
 
Par contre, ma mousseline semble plus transparente que celle du modèle et laisse davantage apparaître les coutures par transparence. Peut-être que je n'aurais pas du surfiler, c'est vrai que ça ajoute de la matière au niveau des coutures. Mais ma mousseline ayant tendance à filer, je ne me voyais pas m'en dispenser.
Ma mousseline est également très légère, j'ai peur qu'elle ne supporte pas bien le poids de sequins et paillettes prévus pour la broderie. J'ai commencé les essais : pas de souci pour les fleurs et les feuilles mais le ruban qui me sert à faire les tiges est plus lourd et ça risque de poser souci. Enfin, on verra bien parce que je ne vois pas de solution à ce souci là.

Enfin, j'ai un dilemme sur les manches que je pensais ajouter au modèle de base. Finalement, je ne suis plus très sûre de moi. Donc j'ai choisi de laisser comme ça et de voir ce que ça donnera à la fin.

mercredi 27 novembre 2013

Robe années folles du réveillon : étape 1, la liquette et la préparation de la suite

J'ai reçu mes tissus pour mon projet de robe années 1920 du réveillon. Je suis un peu déçue parce que la mousseline est clairement plus violette que bleue. Et d'une manière générale, je ne suis pas une immense fan du violet... Toutefois, le projet avance.

Dans la théorie, on est bien sûr sensé commencer un costume par la création des dessous, qui modèlent la silhouette et lui donnent la forme propre à la période visée. Mais je vais vous avouer un truc inavouable : à partir de 1920, je porte des dessous contemporains. J'ai trouvé une espèce brassière Etam qui minimise franchement la poitrine et marche rudement bien pour les années 20. Son autre avantage sont les bretelles amovibles, qui font que je ne m'embête pas à les cacher dans le costume.

Du coup, l'étape des dessous est zappée, on passe directement à la robe.

J'ai attaquée par la "liquette" du dessous, en satin de polyester blanc cassé. J'ai utilisé la même toile que pour ma robe bleue mais j'ai modifié l'encolure : de ronde, elle est devenue carrée. Je suis décidément très contente de cette toile. J'avais bien galéré pour trouver une forme droite qui ne fasse pas trop sac à patates et au final ça marche plutôt bien (ça a l'air simple comme ça, mais j'ai fait un paquet d'essais pour trouver).

  Ensuite, voici ma toile (démontée, j'ai oublié de prendre des photos avant) pour les robes de dessus :

J'ai peur de devoir coudre intégralement à la main, je ne sais pas si la mousseline va adorer le passage sous le pied de ma machine à coudre...
Pour terminer, voici le projet de motif à broder sur la robe du dessus. J'ai décidé de ne pas faire de blé mais des fleurs stylisées :
Je l'ai reporté sur la toile et l'ai fais des essais d'implantation des différents sequins, perles et paillettes que j'ai à ma disposition.