lundi 1 juillet 2013

Crinoline de jour : étape 3, le corsage

Malgré tous mes efforts, j'ai loupé la sortie en crinoline à Compiègne samedi dernier. Explications.  

Nous sommes vendredi soir. Il me reste un corsage de jour et quelques accessoires à réaliser. Je pense pouvoir m'en tirer honnêtement en me couchant un peu tard et en trichant un tout petit peu*.

Donc c'est parti, je sors Miette le mannequin de couture, et je patrone. Vous vous en souvenez peut-être, j'avais envie d'un corsage très ajusté. J'ai choisi de le faire fermer dans le dos pour avoir un buste parfaitement lisse (ma nouvelle obsession).
Puis, très contente de mon moulage, je réalise dans le tissu.
Il est à peine 23h quand je termine de monter ma doublure et mes agraphes à la main, tout en rêvassant sur mon petit col auquel je projette déjà d'ajouter une detelle de coton de ma mémé.

Vous la voyez venir, cette grosse godiche de Perette avec son pot à lait?

Mon cher petit mari rentre à ce moment précis et je lui saute dessus (âmes pures ne fuyez pas si vite) pour un essayage quasi final. Et là TADAM !

C'est trop petit. La taille est trop fine de deux bons centimètres, la poitrine je n'en parle pas, et la hauteur de buste est trop étriquée. C'est alors que je réalise que la dernière fois que j'ai utilisé Miette le mannequin de couture, ce n'était pas pour moi et que les mensurations sur lesquelles je me suis basée ne sont pas les miennes**. Du coup, sur moi, ça baille de partout et si je ne portais pas de corset, on verrait mon nombril. Ambiance play suit garantie.

Pleurs. Je n'irai pas à Compiègne avec les copains.

Je vous montre quelques photos du désastre, prises samedi dnas la journée (j'étais tellement rageuse vendredi que j'ai quitté tout ça sans immortaliser l'instant).

 

Une fois coiffée et avec un air moi niais, ça pourrait passer de face
 Les photos "c'est pas grave, on rigole quand même"

 

Moralité : mouler c'est bien. Sur de bonnes mesures, c'est mieux !

PS : désolée pour ceux qui auront vu ce message deux fois, dont une sans photo...

* Je pense notamment faire des manches de chemise garibaldi, sans le reste de la chemise. Uniquement les manches, cousues directement sur le corsage, en pariant sur le fait que personne n'ira vérifier si je porte bien toute la chemise sous mon corsage. Temps de réalisation estimé à une demi-heure pour une paire de manches.
** Ma chère Audrey, un ravissant corsage de crinoline de jour sur mesure t'attend à la maison. C'est compliqué à porter au boulot mais si tu le veux, il est à toi !

lundi 24 juin 2013

Ma robe de mariée en dentelle de Calais faite maison

Je m'étais juré de ne pas faire ça, de ne pas vous asséner l'article égocentrique sur ma robe de mariée qui n'a rien d'historique mais dans laquelle je me trouve si belle. Justement parce qu'elle n'a rien d'historique et que je déteste l'auto contemplation (sauf quand c'est moi bien sûr, je suis comme tout le monde). Mais j'en meurs d'envie. Parce qu'elle était belle*, que je l'ai faite toute seule** et que j'en suis très fière.
J'ai l'air débile sur cette photo mais on voit bien la robe
Zoom sur le corsage
 
Au-delà des photos, je vais quand même vous parler un peu de sa réalisation. Non pas qu'elle soit hyper complexe, mais enfin ça fera genre.

Les matières sont splendides (je trouve) : satin duchesse pour le fond de robe et dentelle de Calais (et ouais!) pour le dessus. Autant le dire tout de suite, elle m'a coûté un bras. Mais on s'en fout parce qu'elle était belle.

La ligne est très simple : ajustée jusqu'aux hanches, puis s'évasant en trapèzes. Je l'ai construite sans patron, en m'inspirant des lignes qui m'ont plu au cours de mes quelques essayages de robes en boutiques***

L'histoire de cette robe est très longue, ce qui explique en partie pourquoi j'ai été si peu active sur le blog ces derniers temps. Tout remonte à novembre 2012. On décide de se marier et fixe la date à mi juin 2013.
En décembre, je commence à me préoccuper de ce que je vais pouvoir porter. Dans les boutiques, on me dit qu'il est déjà presque trop tard pour commander (je vous renvoie au ***) et j'ai bien envie de me lancer toute seule. Je fais des croquis et une première toile. Je suis particulièrement séduite par l'idée de placer la taille plus bas sur les côtés que devant et derrière, comme vu sur le modèle Béatriz de Rosa Clara.
J'invente une forme de dos, dont je sais qu'elle me sied particulièrement.
Je pompe l'idée des doubles bretelles sur une robes années 1920 du Costumes du KCI (seul élément pseudo histo, même s'il n'est pas très caractéristique).
 

Pas de panique, la traîne n'est juste pas coupée. Je n'ai jamais envisagé m'handicaper avec un truc d'une telle longueur. Sauf que tout le monde trouve cette taille carrément bizarre. Et puis, vers noël, je tombe amoureuse d'une dentelle de Calais que j'ai envie de mettre partout. Il me semble compliqué de conserver ma taille à hauteur variable tout en préservant le feston de la dentelle à l'ourlet, et je finis par me convaincre qu'il va falloir taper dans la couture princesse. La deuxième toile nait en janvier.

 
La dentelle est évidemment trop courte, c'est du cheap pour faire l'essai
En février j'achète les tissus. Je suis tellement impressionnée que je les range sans les toucher pendant plusieurs semaines. En mars et avril, je monte la robe, doucement, avec application, et en profitant des soirées où Jean n'est pas là (il ne voulait pas voir la robe avant le mariage, mais coudre une robe en secret dans un appart de 40m² c'est comment dire... pas simple).

Petites astuces de montage :
  • sous la rangée de boutons du dos, il y a une fermeture éclair, posée en léger retrait du bord, pour être sûre et certaine que ça ne baille pas.
  • sur le corsage, la dentelle est plaquée et cousue à tous petits points (ce qui a pris un temps infini). Ces petits points sont cachés par la doublure du corsage. Les surplus de dentelle sont dégagés au niveau des coutures sous la poitrine. La dentelle est si fine qu'il a fallu être bien minutieuse pour que les coutures ne se voient pas.
  • un tout petit point sur l'épaule maintient les bretelles croisées au bon endroit.
  • la jupe n'est pas doublée, pas la peine.
En mai, désespérée par la météo pourrie, je fais une petite veste courte, avec des manches en dentelle. Finalement, elle n'aura servi à rien et tant mieux. J'achète sur Internet (boutique "chouchou rouge") un jupon en tulle pour donner un peu de volume. Vous le savez, je n'aime pas faire les jupons. Et je voulais absolument une ceinture taille basse qui n'élargisse pas les hanches, donc à priori dans une matière gersey/eslastique, que je ne sais pas travailler. Le jupon avait un cerceau, mais je le vire.
 
Je vous en parle aussi parce que leurs produits sont merveilleux : j'ai acheté une étole en Mohair chez Mohair en Touraine pour compléter la tenue et ne pas avoir froid.

Et puis le 15 juin, je me suis coiffée et maquillée et j'ai mis ma jolie robe de princesse pour épouser mon prince (qui lui avait un costume très inspiré historiquement parlant, je vous en dirai plus un jour). Nous avons eu un très beau mariage et sommes très contents.

La photo classicouille : crédits Eole Wind

* Je dis bien "était", au passé, parce qu'elle est maintenant roulée en boule dans un coin de ma chambre et que la crasse de l'ourlet rivalise de laideur avec les cloques et tâches d'une pseudo douche au champagne de 4 heures du mat'. Et dire que j'en ai pris un soin infini pendant des mois ! C'est ingrat la vie de robe de mariée.
** Sauf l'arrondi et l'ourlet qui ont été réalisés par ma grand-mère et ma grand-tante Suzanne. Un très bon moment d'ailleurs, où ces deux mamies de 75 ans ont retrouvé leur jeunesse de cousettes, courant dans les escaliers, pelote d'épingle au poignet, et piaffant de la bonne farce qu'elle jouaient aux messieurs en transportant sous leur nez, mais bien cachée dans un drap, la mythique "robe de la mariée".
*** Au passage petit coup de gueule : sérieusement? 3000€ pour une robe 100% polyesther dans laquelle je transpire comme une truie alors que je ne l'ai portée que 10 minutes ? 3 mois pour faire venir le modèle en taille 38 hyper standard, soit-disant de Barcelone ? De qui se moque-t-on ? Le polyesther ça peut être joli mais ça ne peut pas valoir 3000€ et 3 mois c'est pile le temps qu'il faut pour faire Asie du Sud Est-Paris en cargo poubelle. Vraiment, fuyons les grandes enseignes qui se font du beurre sur le dos de pauvres fiancées. Il existe des tas de petites créatrices qui mettent le prix de la robe dans ce qui compte vraiement : son unicité, la qualité des matières et la propreté de la réalisation. Oui c'est flippant de ne pas acheter sa robe toute faite. Mais ça reste moins flippant que de se faire avoir en permanence par des gros mafieux dégueux qui jouent sur la naïveté des amoureux.

dimanche 26 mai 2013

Crinoline de jour : étape 2, les jupes


Vous avez bien lu : les jupes. Parce qu'une jupe, c'est trop simple et que j'aime bien les effets volantés. J'ai donc fait deux jupes, dont l'une est plus courte et se porte sur l'autre. Ce petit système me permettra aussi de ne porter que la jupe du dessous si je le souhaite un jour. 
Avec une jupe
Avec deux jupes
Pour la décoration, j'ai choisi d'appliquer une bande d'une dizaine de centimètres prise dans le tissu de mon salouva à 8 centimètres de l'ourlet. Alors là je vous arrête tout de suite, des fois que vous auriez comme moi la mauvaise idée d'appliquer un tissu de type foulard à plat sur un autre de type taffetas : c'est la galère. Le foulard plisse tandis que le taffetas non. Du coup, vous êtes bon pour bâtir à petits points avant couture définitive. Deux fois 6 mètres (l'envergure des jupes à l'ourlet) en haut et en bas : 24 mètres de bâti plus 24 mètres de coutures. Une galère je vous dis ! Quand on n'a pas trop de temps pour un projet, c'est typiquement le genre d'idées qu'il vaut mieux ne pas avoir. Après, bon, c'est quand même bien joli.

Et puis pour l'ourlet, sachez que je n'en ai pas fait. J'ai utilisé la lisière tu taffetas qui était joliment frangée. 
Et voici donc le résultat :
Pour le haut de la tenue, j'hésite encore entre un corsage assorti pour une chemise avec veste... Dans l'idéal, j’aurais adoré un corsage semblable à celui de la dame en crinoline sur la photo de Provost. Mais ça dépendra probablement du temps dont je vais disposer. 

jeudi 23 mai 2013

Crinoline de jour : étape 1, la crino

Comme je vous le disais, je compte utiliser une crinoline achetée sur Internet.

D'abord, pourquoi acheter sa crinoline sur Internet?
  • en premier, soyons honnête, parce que ce n'est pas très intéressant à faire. Avec ce genre de pièce, on frôle le niveau 0 de la créativité. Je suis une sale gosse : je n'ai pas envie de faire ça, je ne le fais pas. C'est tout.
  • ensuite, parce que c'est moins cher. J'en ai eu pour 30€, frais de port inclus. Le jupon compte 6 cerceaux en acier et mesure plus de 5m à l'ourlet. Rien qu'en baleines, vu que je n'achète pas assez pour bénéficier de prix de gros, j'aurais englouti le budget.
Alors pourquoi hésiter?
  • Parce qu'à ce prix-là, il est clair et net que ce sont des petits enfants chinois qui ont cousu dans une cave et que c'est arrivé jusqu'à moi à grand renfort de pétrole et de cargo poubelle. C'est la "mondialisation", c'est pas toujours beau et sur ce coup j'ai évidemment tiré profit de la faiblesse des autres pour me faire plaisir à moindre coût. ça ne m'empêche pas de dormir, car dans le fond ça nous arrive plus souvent qu'on ne le pense, mais ça aurait pu me faire hésiter. 
  • parce que la qualité n'est pas ouf ouf. La qualité n'est pas pitoyable au sens où la crinoline tient debout et a la forme promise. Mais c'est c'est du polyester cheap (qui crisse quand on le froisse, c'est pour dire) et les coutures sont lâches. A peine sortie de son sachet, je dirais bien que sa longévité n'atteindra pas celle d'une célèbre Jeanne. 
  • parce qu'elle n'est pas histo. Alors là oui, c'est vrai. Outre la matière dégueulasse, ce n'est pas comme ça qu'on montait des crinolines (je vous renvoie notamment à la photo des marchandes de crinolines où on voit plusieurs modèles différents). Sur mon modèle, la taille se ferme par une coulisse et non par une ceinture et une agrafe, contrairement à tout ce que j'ai vu jusqu'à présent. Et puis les "casiers" à baleines sont fait dans un pli du tissu principal et non par ajout de gros grain ou autre bande de tissu costaud (c'est d'ailleurs assez moche comme technique : ça revient à glisser une baleine dans un pli religieuse). Donc pour du 100% histo, ça ne marche pas. Pour une démonstration d'habillage étape par étape, ça ne marche pas non plus. 
En juin je serai a priori totalement habillée et on ne verra pas la bête donc la seule chose qui m'intéresse ici c'est la forme que la crino va donner à ma silhouette.
Et on en arrive (enfin) au sujet principal : comment modifier la forme d'une crino achetée sur internet?
C'est assez simple. Les baleines sont généralement glissées dans les casiers et refermées sur elles-mêmes par un morceau d'adhésif ou de plastique.
Alors du coup il suffit de régler les baleines à la taille qui vous plaît et de les coincer de la même façon, avec de l'adhésif. Je vous l'accorde, la transformation n'est pas très impressionnante. Mais avec les jupes en plus, ça commence à compter.

avant, une crinoline trop ample à mon goût
après, avec une ampleur plus raisonnable et une belle forme

vendredi 17 mai 2013

Robe à crinoline de jour

Non, je ne suis pas morte. Mais je vous jure que mon emploi du temps ne laisse pas beaucoup de place aux loisirs en ce moment. Enfin, ça devrait s'arranger d'ici quelques semaines.

Aujourd'hui je vais vous parler d'un projet que je mûris depuis plusieurs mois, dans la perspective d'une sortie chez Monsieur Monet le 22 juin prochain. Vous l'aurez compris, j'ai besoin d'une crinoline.

Le paradoxe de la crinoline (ceci est une digression personnelle qui n'a, en vrai, rien à voir avec le schmilblick. Amateurs de concision, passez votre chemin)
Disons le tout de suite, le problème de la crinoline c'est que ce qui la sépare du ridicule est parfois compliqué à identifier. Mon propos est étayé par une image, dont la puissance démonstrative m'autorise à ne pas ajouter d'autres arguments.
Gravure issue du "conseiller des dames et des demoiselles".
Un enfant se cache dans cette image. Saurez-vous le retrouver?
Oh ! et puis finalement, si, une autre image parce qu'elle est extraordinaire.
Portrait de la comtesse Varvara Musina-Pushkina, dite par moi "celle qui avait tout mis", par Winterhalter. 
Pourtant la crino reste un vêtement mythique, le symbole de "la princesse". Parce que voilà, il y a eu Sissi et sa robe de fiançailles bleue avec des fleurs roses, Sissi impératrice et son inoubliable robe-du-bal-où-elle-s'évanouit-parce-qu'elle-est-enceinte (quelle blague ce film quand même!) et Sissi face à son destin qui n'a jamais eu l'air aussi en forme qu'à Madère dans sa robe jaune à ceinture marron. Voilà c'est dit : je connais la trilogie par cœur et il fut un temps où je me suis littéralement roulée par terre parce que ma jupe ne voulait pas adopter le même mouvement que celle de celle de Romy. Juste pour le plaisir :


C'est ce que j'appelle le paradoxe de la crinoline : c'est souvent moche, mais on en veut toutes une. 

Le projet
Bon. Sissi c'est sympa mais c'est pas histo pour deux sous. Ne serait-ce que parce que la robe de bal qui découvre les épaules est assez mal venue à 3 heures de l'après midi, même quand on est impératrice. Globalement les costumes du film sont plus une jolie synthèse entre la crino et la robe new look contemporaine de la trilogie, que de vraies reproductions.
On en vient donc à des vraies sources d'inspiration histo. Pour changer j'ai cherché du côté des photographies (puisque la photo existe en 1860). Malheureusement, elles ne sont pas toujours bien sourcées.
Un très intéressant magasin de crinolines, qui n'est ni localisé ni daté, piqué ici 
Deux soeurs, vers 1860, piquées ici
L'épouse du pasteur Monod en 1860, qui n'a pas l'air commode, piquée ici
Femme en robe à crinoline, photo Provost, Toulouse,  vers 1860, piquée ici
J'en tire un certain nombre d'éléments caractéristiques sur lesquels je ne pourrai pas faire l'impasse : 
  • la crinoline, évidemment, pas forcément hyper large quand on n'est pas impératrice mais avec une belle forme de cloche,
  • la jupe qui peut être très simple mais qui est quand même souvent un peu décorée à l'ourlet avec des bandes de tissus contrastant ou/et du ruban,
  • le corset qui a l'air d'être très largement porté car même nos vendeuses de la boutiques et la soeur aînée (qui ne paraît pas pleine aux as) en portent. Il étrangle fortement la taille et rehausse légèrement la poitrine. Il doit déjà y avoir des corsets sous poitrine : je soupçonne la vendeuse de crinoline de gauche d'avoir craqué pour ce type de modèles. Par contre Mme Monod, elle, a la version couverture intégrale.
  • le corsage, très couvrant, arborant souvent un petit col bien blanc, fermé sur le devant par des petits boutons. Il est très ajusté sur le buste, la ligne d'épaule est tombante et les manches ont globalement tendance à s'élargir pour découvrir des manches de dessous bien blanches aussi  (on le vois bien chez Mme Monod). 

Aujourd'hui j'ai déjà :

  • la chemise et le pantalon (on ne les vois pas mais ils sont assurément dessous tout ce fatras)
  • le corset et la crino (mais je l'ai achetée toute faite sur internet et il faut que je la travaille un peu car elle est trop large à mon gôut)
  • les tissus : un taffetas vert clair avec un plumetis ton sur ton acheté il y a des années pour le fond et ma ce qu'il me reste de mon salouva mahorais pour les décors

dimanche 14 avril 2013

Tournure de jour à la gare du Nord

En ce moment, nous faisons plein de jolies photos de costumes réalisés depuis un bail et jamais vraiment montrés. C'est hyper sympa, ne prend que deux heures dans la journée et permet à Jean de s'exprimer pleinement. Et puis surtout, je peux vous montrer mon travail.
Lately we've been taking many pictures of costumes made a while ago but never properly shown. It's fun, requires only two hours in the day, and gives a good opportunity for Jean to express himself. Last but not least, I can show you my work. 

Et Paris est une ville merveilleuse : pas besoin de faire des kilomètres pour trouver l'endroit idéal qui nous replonge instantanément dans l'époque voulue ! Aujourd'hui, le XIXème (vers 1880), le baron Haussmann et les quartiers de gares.
Paris is a wonderful city : no need to travel kilometers to find a place which will promptly take us to another time ! Today, we're in the 19th century, with baron Haussmann and train stations' districts.

Pictures are from Jean Creative Commons License

  
  
   
My favorite : totally Anna Karenina like !
Globalement, le moins qu'on puisse dire c'est que la tournure n'est pas une tenue qui offense la pudeur ! Enfin la version de jour parce que la version bal... c'est une autre histoire. Du moins c'est ce que je pensais jusqu'à ce que je voie la toute première photo de la série et constate que le seul carré de peau visible est le petit morceau de cou entre l'oreille et les cheveux, soit un endroit assez délicat de notre physionomie... C'est subtil mais très sensuel je trouve.
Generally speaking, bustle dresses are anything but revealing ! At least in their daytime version, since balltime versions are completely different... Actually that's what I thought untill I saw the first picture of this series and realized the only inch of skin that can be seen is the little patch of neck between ear and hair, that is to say a rather delicate part of our body. I think it's subtle but terribly sensual.

mercredi 10 avril 2013

Le corset porté visible

J'ai pris du temps pour rédiger cet article mais il arrive enfin. J'espère qu'Audrey, qui m'a posé une question sur les corsets portés visibles, y trouvera quelques réponses... ou pas ! Parce que je n'ai pas trouvé grand chose pour être franche.

Autant on peut trouver pas mal d'exemples de corsets portés visibles du la fin du XVII° au milieu du XVIII°...
Il s'agit souvent de corsets portés sous la poitrine, manifestement lacés sur l'arrière (enfin je suppose puisqu'on ne voit rien devant) et très richement ornés (brodés, emperlés, fleuris...).
Marie -Thérèse de Bourbon, Mignard, 1688
Portrait de la duchesse du maine, Pierre Gobert, 1690's

Marquise de Gueydan en Flore, Largillière, 1730 (musée Granet)
Portrait d'une dame (explicite le bonhomme), Largillière, 1739
Portrait de Françoise, Largillière 1741














... Autant les corsets complets, avec bretelles et manches attachées dessus, ne sont pas légion et surtout pas au milieu du XVII°. 
En fait, le seul exemple que j'ai trouvé en peinture date de 1703.
La Belle Strasbourgeoise, Largillière 1703
Conclusion : je suis bien embêtée ! Je ne peux finalement que me réfugier derrière l'exemple du Victoria and Albert Museum (seule preuve, mais preuve vivante, que ce type de vêtement à bien existé).

Pour ne pas conclure sur cet échec et vous donner quand même quelque chose à lire, je vous propose une traduction de la page descriptive du corset que je souhaite reproduire, par le V&A Museum. La traduction est de moi et j'ai clairement pris des libertés syntaxiques (je me serais faite jeter aux concours avec ça), mais le sens y est. 

Type d'objet
Au XVIIème siècle, le corset rigide est un élément essentiel de la garde-robe d'une femme suivant la mode. Depuis le début du XVIème siècle, on intègre au montage des vêtements des éléments permettant de rigidifier les robes des femmes. Ces éléments sont parfois ajoutés au corsage du dessus, ou prennent la forme de corsets portés sous la robe. A l'origine, rigidifier une robe servait à ce que les tissus, aux décors élaborés et coûteux, ne plissent pas. Toutefois, dans la mesure où le corset modèle le buste féminin, il est devenu essentiel pour atteindre la silhouette à la mode. 

Matériaux et construction
Le corset est constitué en cousant (à la main) la soie moirée à une épaisseur de lin, formant ainsi de longues et étroites coulisses. De fines baleines sont insérées dans les coulisses pour donner sa forme au corset. Les baleines ne sont pas les os, mais le cartilage formant les fanons des baleines. Il pousse en large bandes dans la gueule des baleines et sert en quelques sortes de tamis pour filtrer le plancton, qui est l'aliment principal des baleines, de l'eau de mer. Le commerce des baleines a commencé au début du 17ème siècle en mer du Nord et, comme les baleines étaient chassées jusqu'à leur quasi extinction,  s'est rapidement étendu aux eaux entourant le Groenland et à la mer de Bering. Las baleines étaient utilisées pour les corsets et paniers de femmes ainsi que pour une grande variété d'autres objets, comme les cravaches, les fouets, les brosses, les dossiers et assises de chaises, les amortisseurs des calèches et les canes à pêche. Le blanc de baleine* était transformé en huile et utilisé pour l'éclairage. Les fanons de baleines étaient la matière privilégiée pour rigidifier les vêtements car ils sont suffisamment fermes pour imposer une forme au corps, et pourtant suffisamment souples pour ne pas casser lorsque celui qui porte le vêtement bouge. Les rubans ont conservé leurs pointes d'origine, les embouts métalliques étroits à leurs extrémités. Elles empêchent le ruban de s’effilocher et aident à le passer dans les trous pour le laçage. Les pointes sont faites en fer étamé  elles auraient normalement du rouiller.

NDLT : cette substance blanche qui se trouve dans la tête des baleines s'appelle aussi spermaceti. ça n'a pas l'air d'être de la graisse bien que je pensais qu'on chassait les baleines pour leur graisse. On en apprend tous les jours...