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lundi 21 septembre 2015

Tenue de jour natural form beige et rouge

Je participe début octobre à un jeu de rôle grandeur nature qui nous fera voyager en 1879. D'où l'abondance de tenues fin XIXème sur ce blog en ce moment. J'ai besoin, à minima, d'une tenue de jour et d'une tenue de bal. On pourrait donc considérer que je suis équipée avec ma robe noir et or pour la journée et ma robe velours bleu/dentelle noire pour le bal.
Sauf qu'à force d'y penser, il m'est venue cette idée que ma tenue de jour n'était pas très adaptée pour le mariage et l'anniversaire que nous allons célébrer le samedi. Elle est quand même noire après tout. Et un peu sévère pour une fête. Vous me voyez venir : il me faut une seconde tenue de jour.
J'ai bien envie de reproduire le modèle de droite de cette planche de la Revue de la Mode. C'est un modèle relativement simple mais très élégant je trouve.
Par contre, je n'ai pas trouvé de fausse fourrure qui me convienne et je trouve de toutes façons les tons du modèle trop ternes. En faisant le tour de mon stock (ce qui a été rapide car je suis une indigente) j'ai trouvé ces deux beaux coupons de 3 mètres chacun, en soie jaune/beige avec des motifs imprimés beiges. ça c'est digne d'une fête ! Sans flash à gauche, avec à droite.
 
Et puis, quitte à assumer la couleur, autant s'inspirer aussi du modèle de gauche de la même planche et jouer le contraste à fond en remplaçant la fourrure par des pièces de soie rouge. Je vous montre aussi tout un tas de glands et des boutons recouverts de fourrure achetés chez Temps d’Élégance, qui pourraient bien rejoindre la décoration.
Dis voir, tu ne serais pas en train de nous dire que tu vas te faire une robe en soie là? ET SI. Pour la première fois, je vais me payer ce luxe. J'en suis toute chose !

Enfin, comme je risque quand même d'être un peu short niveau temps, je vais utiliser un chemisier beaucoup plus tardif (1910-1920) retrouvé dans un grenier. Je vous l'avais déjà montré il y a quelques années mais c'est la première fois que je le porterai réellement.
 
Voilà, vous avez l'idée générale. Maintenant, y a plus qu'à... et il me reste 10 jours !

vendredi 23 mai 2014

Etre une femme (enceinte) à travers le temps

Vous vous souvenez peut-être de mes petites réflexions à deux balles sur l'influence du costume sur la vie des femmes ? Et bien en voici une autre !

Cet épisode d'adaptation d'un costume "à mon état" m'a amené quelques réflexions que je partage avec vous. Mon propos n'a aucune visée scientifique, il est juste basé sur mon ressenti perso. Car soyons clairs : je ne suis pas historienne, mais je réfléchis quand même parfois.

Pour la faire courte, je suis surprise et assez admirative de la façon dont la mode féminine a intégré les fluctuations du corps de la femme pendant des générations. Car même en dehors des périodes de grossesse (et encore plus pendant), nos corps changent. On prend du poids, et on en perd, et ce volume si beau dans la poitrine devient si laid dans les cuisses, et les vielles dames se voûtent... Et s'il est aujourd'hui il est impensable de tenir toute sa vie d'adulte dans le même jean, je pense sérieusement qu'il était envisageable de garder une robe toute une vie aux XVII° et XVIII° siècles. La relation d'adaptation réciproque entre le corps et le vêtement histo me semble être beaucoup moins déséquilibrée qu'on le pense parfois. Certes, les costumes XVII° et XVIII° modèlent violemment le corps. Mais derrière toute cette rigidité (que je ne nie pas) se cache quand même un vêtement qui est capable d'accepter des changements assez drastiques du corps. Quelque part (même si je n'aime pas ce genre de comparaison à la serpe), nos jeans de tailles standardisées qui ont l'air si souples et adaptables n'en font pas autant.

Cela m'amène aussi une réflexion sur la praticité des vêtements. On dit souvent que nos vêtements contemporains sont plus "pratiques". C'est vrai que pour prendre le métro et aller bosser dans un bureau de 4m², la robe ballante n'en impose pas au tailleur pantalon. Par contre pour fabriquer un bébé, le match s'inverse (rapport à ce que j'ai dit ci-dessus sur la capacité du vêtement à s'adapter au ventre qui gonfle). D'où ma question : pratique pour quoi ? 
Les femmes occidentales font aujourd'hui grosso modo 2 bébés dans leur vie, soit 18 mois de grossesse et 10 mois où c'est véritablement la galère pour s'habiller. 10 mois, sur 360 de fécondité (de 15 à 45 ans) -> 3% du temps, épiphénomène. Seulement, quand vous faites 10 mioches et que vous mourrez précocement à 40 ans, ça fait 50 mois de galère vestimentaire sur 300 -> 17% du temps, on n'est plus dans la même optique. Etre enceinte devient une véritable activité dans la vie d'une femme. Et sa tenue, quelque part... elle doit être pratique pour ça.
On pourrait même élargir, en étant un peu osé : si on considère que la fonction principale de la femme c'est de reproduire l'espèce*, le fait qu'elle porte des vêtements ouverts qui ne bloquent pas l'accès à son sexe n'est pas si débile que ça (inacceptable pour une occidentale de 2014, mais pas complètement déconnant du point de vue de la logique pure). De même que de porter des tenues qui mettent en valeur les caractères sexuels secondaires (poitrine et rapport taille-hanches).

Bref, je ne démontre rien, et ne conclue même pas grand chose, mais cette adaptation de tenue de bourgeoise a ouvert des nouveaux champs de réflexion chez moi. J'aimerais bien savoir ce que vous en pensez...

* Attention à ne pas y voir un jugement de valeur. Je ne partage pas l'avis, je dis juste qu'il était répandu il y a 300 ans. 

mercredi 26 février 2014

La raison du plus fort - victime

Alors que nous sommes en ce moment même à Venise (oh joie des articles programmés), je vous explique plus en détails les projets de costumes.

L'un des thèmes de notre groupe est : la faune et la flore. Avec Jean (enfin plus exactement sous la pression de Jean, parce que je me serais bien vue en abeille), nous avons trouvé malicieux de nous faire des costumes de loup et d'agneau, en référence bien sûr à la fable de La Fontaine.

Aujourd'hui je commence par mes inspirations pour l'agneau. Nous verrons dans quelques jours, pour le loup.

Pour moi un agneau c'est (outre vachement goutu, ce qui n'a rien à voir avec le débat) :
  • blanc douteux, ce qui sera facile à reproduire,
  • confort, bien dans ses baskets, un peu sportwear (allez savoir pourquoi, chacun son imaginaire),
  • débile (désolée pour les amis des agneaux), ce que je tiens à montrer par la sur-abondance de nœuds nœuds roses,
De tout ça est née l'idée de faire un brunswick, parce que c'est un peu sportwear dans son usage et que je trouve ça un poil ridicule dans le rendu. Et aussi parce que ça a des manches longues. On trouve quelques infos et exemples dans la communauté costumée, mais pas 50 non plus (ce qui n'est pas pour me déplaire) :
J'ai acquis un piqué de coton pas cher chez Eurodif (3,5m en 280cm) et de la fausse fourrure de mouton pour faire les motifs, le manchon et doubler la capuche (1,5m en tout). 
Pour le jupon, rien de nouveau par rapport à ce que je disais ici pour le fond et ici pour les motifs en vagues.
Pour le manteau, j'ai procédé exactement de la même façon que pour une française à deux détails près : 
  • évidemment la longueur, qui est ramenée à mi-cuisses ici
  • les pièces du corsage que j'avais l'habitude de couper à part de la partie inférieure du manteau, comme la doublure finalement (si ce n'est pas clair regardez là comment c'est coupé). Or en étudiant bien les françaises en photo dans mes bouquins, j'ai constaté qu'il n'y a jamais de couture à la taille. C'est un panneau de tissu continu qui constitue le corsage et la partie inférieure. Donc, ben, j'ai fait ça. 
Pour le gilet, alors là c'était simple, un petit moulage pour les pièces du corps et un grand rectangle plié en deux et plissé à la cime pour la capuche. J'ai aussi ajouté des oreilles pour faire vraiment agneau.

Promis, on traite les photos très vite en rentrant de Venise. 

mercredi 13 novembre 2013

Robe années folles pour le réveillon

Cette année, ma soirée de réveillon est placée sous le haut patronnage des années 1920. Comme j'ai toujours envie d'une nouvelle robe, je vais m'en refaire une, même si j'aime beaucoup ma robe bleue et orange.

Pour cette nouvelle venue, j'ai choisie de m'inspirer de cette robe, du Bunka Gakuen Museum (connais pas ce musée) et repérée sur OMG that dress, un tumblr génial dont je me sers souvent pour m'inspirer. 
Pour ce faire, je vais avoir besoin : 
  • d'une "liquette" en satin. J'ai envie de la faire beaucoup plus claire que les robes de dessus pour ajouter du contraste.
  • d'une robe en mousseline longue (j'y décidé d'y ajouter des manches 3/4 un peu larges, j'ai l'impression que la silhouette sera plus jolie ainsi)
  • d'une robe en mousseline courte, asymétrique dans sa partie supérieure et brodée de perles et sequins
Les tissus sont commandés. Le satin sera crème et la mousseline bleu/violet. La poste (qui a décidément fait de très gros efforts sur la relation clients ces dernières années) m'a informée par mail que le colis arrivera demain... patience !

jeudi 4 juillet 2013

Robe de deuil XVIII°

Dans 15 jours, Jean et moi allons participer à un GN. Un retour à des amours de jeunesse pour Jean, une grande première pour moi.

Pour cela, j'ai besoin d'un costume de deuil de la fin du XVIII° siècle. Je n'en dis pas plus sur le contexte pour ne rien dévoiler de mon personnage. Mais le défi costume est intéressant.

Commençons par la documentation et deux articles super intéressants sur le sujet (vraiment si vous avez un peu de temps je vous les conseille, surtout le second, c'est un régal) :
On ne déconne pas avec le deuil au XVIII° siècle. C'est hyper codifié, tant en termes de durée qu'en terme d'usages vestimentaires.

En ce qui me concerne, je vais opter pour une tenue de petit deuil (c'est à dire la dernière étape d'un deuil avant le retour aux habits normaux) qui me laisse un peu plus de libertés sur la forme et les garnitures. Je vais me lancer sur une anglaise, avec des compères pour la fermeture, des manches longues et étroites (peut-être même au point de devoir les fermer avec des boutons, on verra). Question garnitures : des ruchés "bouffants", des rappels de plumetis noir aux manches et à l'encolure, et des toutes petites pleureuses blanches. Enfin, je porterai une ceinture bleue ciel, parce que je suis une coquine qui n'a peur de rien et que c'est plus joli.

Les tissus sont achetés : une moire noire (ah ah!) et un voile en plumetis, noir également. J'ai trouvé mon bonheur chez Fanny, dans sa boutique de la rue Gabriel Laumain.
Le voile plumetis, vous remarquerez qu'il est plissé à l'origine., ça devrait m'aider pour les décos.
Si on fait le point, j'ai...
  • le corset
  • la chemise
  • les jupons
  • un fichu en mousseline blanche
... et je dois faire :
  • un cul de Paris correct car le mien ne me plaît pas. Sinon j'ai des paniers poches mais sous une anglaise c'est pas top
  • une jupe et un manteau de robe
  • un chapeau auquel je puisse fixer le voile
  • des chaussures noires
Aller, courage.

vendredi 17 mai 2013

Robe à crinoline de jour

Non, je ne suis pas morte. Mais je vous jure que mon emploi du temps ne laisse pas beaucoup de place aux loisirs en ce moment. Enfin, ça devrait s'arranger d'ici quelques semaines.

Aujourd'hui je vais vous parler d'un projet que je mûris depuis plusieurs mois, dans la perspective d'une sortie chez Monsieur Monet le 22 juin prochain. Vous l'aurez compris, j'ai besoin d'une crinoline.

Le paradoxe de la crinoline (ceci est une digression personnelle qui n'a, en vrai, rien à voir avec le schmilblick. Amateurs de concision, passez votre chemin)
Disons le tout de suite, le problème de la crinoline c'est que ce qui la sépare du ridicule est parfois compliqué à identifier. Mon propos est étayé par une image, dont la puissance démonstrative m'autorise à ne pas ajouter d'autres arguments.
Gravure issue du "conseiller des dames et des demoiselles".
Un enfant se cache dans cette image. Saurez-vous le retrouver?
Oh ! et puis finalement, si, une autre image parce qu'elle est extraordinaire.
Portrait de la comtesse Varvara Musina-Pushkina, dite par moi "celle qui avait tout mis", par Winterhalter. 
Pourtant la crino reste un vêtement mythique, le symbole de "la princesse". Parce que voilà, il y a eu Sissi et sa robe de fiançailles bleue avec des fleurs roses, Sissi impératrice et son inoubliable robe-du-bal-où-elle-s'évanouit-parce-qu'elle-est-enceinte (quelle blague ce film quand même!) et Sissi face à son destin qui n'a jamais eu l'air aussi en forme qu'à Madère dans sa robe jaune à ceinture marron. Voilà c'est dit : je connais la trilogie par cœur et il fut un temps où je me suis littéralement roulée par terre parce que ma jupe ne voulait pas adopter le même mouvement que celle de celle de Romy. Juste pour le plaisir :


C'est ce que j'appelle le paradoxe de la crinoline : c'est souvent moche, mais on en veut toutes une. 

Le projet
Bon. Sissi c'est sympa mais c'est pas histo pour deux sous. Ne serait-ce que parce que la robe de bal qui découvre les épaules est assez mal venue à 3 heures de l'après midi, même quand on est impératrice. Globalement les costumes du film sont plus une jolie synthèse entre la crino et la robe new look contemporaine de la trilogie, que de vraies reproductions.
On en vient donc à des vraies sources d'inspiration histo. Pour changer j'ai cherché du côté des photographies (puisque la photo existe en 1860). Malheureusement, elles ne sont pas toujours bien sourcées.
Un très intéressant magasin de crinolines, qui n'est ni localisé ni daté, piqué ici 
Deux soeurs, vers 1860, piquées ici
L'épouse du pasteur Monod en 1860, qui n'a pas l'air commode, piquée ici
Femme en robe à crinoline, photo Provost, Toulouse,  vers 1860, piquée ici
J'en tire un certain nombre d'éléments caractéristiques sur lesquels je ne pourrai pas faire l'impasse : 
  • la crinoline, évidemment, pas forcément hyper large quand on n'est pas impératrice mais avec une belle forme de cloche,
  • la jupe qui peut être très simple mais qui est quand même souvent un peu décorée à l'ourlet avec des bandes de tissus contrastant ou/et du ruban,
  • le corset qui a l'air d'être très largement porté car même nos vendeuses de la boutiques et la soeur aînée (qui ne paraît pas pleine aux as) en portent. Il étrangle fortement la taille et rehausse légèrement la poitrine. Il doit déjà y avoir des corsets sous poitrine : je soupçonne la vendeuse de crinoline de gauche d'avoir craqué pour ce type de modèles. Par contre Mme Monod, elle, a la version couverture intégrale.
  • le corsage, très couvrant, arborant souvent un petit col bien blanc, fermé sur le devant par des petits boutons. Il est très ajusté sur le buste, la ligne d'épaule est tombante et les manches ont globalement tendance à s'élargir pour découvrir des manches de dessous bien blanches aussi  (on le vois bien chez Mme Monod). 

Aujourd'hui j'ai déjà :

  • la chemise et le pantalon (on ne les vois pas mais ils sont assurément dessous tout ce fatras)
  • le corset et la crino (mais je l'ai achetée toute faite sur internet et il faut que je la travaille un peu car elle est trop large à mon gôut)
  • les tissus : un taffetas vert clair avec un plumetis ton sur ton acheté il y a des années pour le fond et ma ce qu'il me reste de mon salouva mahorais pour les décors

mercredi 10 avril 2013

Le corset porté visible

J'ai pris du temps pour rédiger cet article mais il arrive enfin. J'espère qu'Audrey, qui m'a posé une question sur les corsets portés visibles, y trouvera quelques réponses... ou pas ! Parce que je n'ai pas trouvé grand chose pour être franche.

Autant on peut trouver pas mal d'exemples de corsets portés visibles du la fin du XVII° au milieu du XVIII°...
Il s'agit souvent de corsets portés sous la poitrine, manifestement lacés sur l'arrière (enfin je suppose puisqu'on ne voit rien devant) et très richement ornés (brodés, emperlés, fleuris...).
Marie -Thérèse de Bourbon, Mignard, 1688
Portrait de la duchesse du maine, Pierre Gobert, 1690's

Marquise de Gueydan en Flore, Largillière, 1730 (musée Granet)
Portrait d'une dame (explicite le bonhomme), Largillière, 1739
Portrait de Françoise, Largillière 1741














... Autant les corsets complets, avec bretelles et manches attachées dessus, ne sont pas légion et surtout pas au milieu du XVII°. 
En fait, le seul exemple que j'ai trouvé en peinture date de 1703.
La Belle Strasbourgeoise, Largillière 1703
Conclusion : je suis bien embêtée ! Je ne peux finalement que me réfugier derrière l'exemple du Victoria and Albert Museum (seule preuve, mais preuve vivante, que ce type de vêtement à bien existé).

Pour ne pas conclure sur cet échec et vous donner quand même quelque chose à lire, je vous propose une traduction de la page descriptive du corset que je souhaite reproduire, par le V&A Museum. La traduction est de moi et j'ai clairement pris des libertés syntaxiques (je me serais faite jeter aux concours avec ça), mais le sens y est. 

Type d'objet
Au XVIIème siècle, le corset rigide est un élément essentiel de la garde-robe d'une femme suivant la mode. Depuis le début du XVIème siècle, on intègre au montage des vêtements des éléments permettant de rigidifier les robes des femmes. Ces éléments sont parfois ajoutés au corsage du dessus, ou prennent la forme de corsets portés sous la robe. A l'origine, rigidifier une robe servait à ce que les tissus, aux décors élaborés et coûteux, ne plissent pas. Toutefois, dans la mesure où le corset modèle le buste féminin, il est devenu essentiel pour atteindre la silhouette à la mode. 

Matériaux et construction
Le corset est constitué en cousant (à la main) la soie moirée à une épaisseur de lin, formant ainsi de longues et étroites coulisses. De fines baleines sont insérées dans les coulisses pour donner sa forme au corset. Les baleines ne sont pas les os, mais le cartilage formant les fanons des baleines. Il pousse en large bandes dans la gueule des baleines et sert en quelques sortes de tamis pour filtrer le plancton, qui est l'aliment principal des baleines, de l'eau de mer. Le commerce des baleines a commencé au début du 17ème siècle en mer du Nord et, comme les baleines étaient chassées jusqu'à leur quasi extinction,  s'est rapidement étendu aux eaux entourant le Groenland et à la mer de Bering. Las baleines étaient utilisées pour les corsets et paniers de femmes ainsi que pour une grande variété d'autres objets, comme les cravaches, les fouets, les brosses, les dossiers et assises de chaises, les amortisseurs des calèches et les canes à pêche. Le blanc de baleine* était transformé en huile et utilisé pour l'éclairage. Les fanons de baleines étaient la matière privilégiée pour rigidifier les vêtements car ils sont suffisamment fermes pour imposer une forme au corps, et pourtant suffisamment souples pour ne pas casser lorsque celui qui porte le vêtement bouge. Les rubans ont conservé leurs pointes d'origine, les embouts métalliques étroits à leurs extrémités. Elles empêchent le ruban de s’effilocher et aident à le passer dans les trous pour le laçage. Les pointes sont faites en fer étamé  elles auraient normalement du rouiller.

* NDLT : cette substance blanche qui se trouve dans la tête des baleines s'appelle aussi spermaceti. ça n'a pas l'air d'être de la graisse bien que je pensais qu'on chassait les baleines pour leur graisse. On en apprend tous les jours...

jeudi 7 mars 2013

Athénaïs en Vénus is back

Etant donné qu'il est maintenant certain que je ne serai encore pas à Vaux pour les journées grand siècle cette année, j'aurais à peu près 10 000 costumes plus urgents à faire si je voulais être certaine d'avoir quelque chose à me mettre sur le dos pour les quelques évènements costumés auxquels je compte assister. Mais la vie est ainsi faite que c'est sur celui-ci et aucun autre que j'ai envie de travailler en ce moment. Donc le projet d'Athénaïs en Vénus, qui doit pour mémoire accompagner Louis en Mars, reprend du poil de la bête ! 

Pour aujourd'hui, voici quelques images de mon modèle pour le corsage : il s'agit d'un corset 1660-1670, qui appartient au Victoria & Albert Museum mais qui n'est pas exposé (avec une page descriptive page très fournie). Voici les photos, que je n'ai fait que copier depuis la page du V&A dont je vous ai mis le lien. 
Il s'agit donc d'un corps baleiné porté de façon visible, avec des manches amovibles et une fermeture sur l'avant, sur une pièce d'estomac elle-même baleinée et "busquée" comme il se doit. Le décor est constitué de rubans, galons et d'une ligne de broderie à la taille ou à peu près. Perso, j'ai décidé d'ajouté des perles dorées et des pendants tout autour de l'encolure pour faire plus déesse.
Avec ceci, ira une jupe à plis canons (je me lance dans des expériences, alors que je ne suis même pas sûre d'en avoir enfin compris le principe...), à toute petite traîne (j'aime les traînes, c'est pas pratique mais c'est royal).

et c'est parti !

vendredi 9 novembre 2012

Robe à la française retroussée, en indienne (tout ça)

J'ai besoin (oui, besoin) d'une robe XVIII° "à fleurs". Voyez-vous, j'adore les motifs floraux qui me rappellent ma campagne lointaine et font plaisir à mes yeux quand Paris est pluvieux. Le projet est donc officiellement lancé !

Question tissu
J'ai commencé par me renseigner sur ce qui se faisait au XVIII° en matière de tissu "à fleurs". Les couleurs, les matières, les types de fleurs, les feuillages... bref à quoi ressemblaient les tissus à fleurs du XVIII°?
Sur ces entrefaits, la Costumière Hystérique sort un super article sur les indiennes et chintz, soit le nom scientifique de notre petite affaire. Tout était dit.
Sauf qu'une fois qu'on sait tout ça, on devient exigeant. Et c'est la croix et la bannière pour trouver un truc pareil à tarif compétitif. Au bout de plusieurs mois à surveiller les arrivages de St Pierre, j'ai fini par trouver ça :
sans flash 
et avec flash
C'est du coton, 16€ et des patates le mètre, en 280cm de large. Cool, non?
Il ressemble un peu à celui-ci, avec des motifs plus gros.
robe à l'anglaise 1785-1795
Question forme
L'année dernière, je suis allée voir les Noces de Figaro, à la Bastille. Les costumes étaient top top top, notamment une robe à la française claire de faible ampleur que Suzanne portait retroussée. J'ai trouvé ça vraiment très mignon et je veux m'inspirer du souvenir qu'il m'en reste pour réaliser la mienne (ouais, ça va être approximatif, la robe n'est pas en photo dans le programme...)
Pour info, la responsable costumes était Annette Risacher. Perso, je ne la connais pas mais je lui tire mon chapeau : non seulement pour la petite française de Suzanne mais aussi pour une française rouge, de très grande ampleur pour le coup, portée par la comtesse au troisième acte. ça envoyait du pâté de lémurien. 

mardi 18 septembre 2012

Iconographie des costumés du XVII°

Ce soir je vous renvoie juste vers le blog Isis' Wardrobe qui a publié une série d'images fantastiques de personnages du XVII° costumés pour des mascarades. C'est tout à fait dans cet esprit que je souhaitais faire le Louis en Mars

mardi 5 juin 2012

Projet Baroque : Louis en Mars

Je continue à avancer sur mon projet de Baroque louphoque...

J'arrive maintenant à visualiser le costume de Jean, à savoir pour mémoire un costume de Mars (Dieu de la guerre des Romains) tel qu'un homme du XVII° siècle aurait pu en porter.

Je voudrais que certaines pièces du costume puissent être utilisées pour une tenue de gentilhomme pas déguisé en Mars (histoire de faire une tenue qui puisse être partiellement portée de temps à autres, c'est mieux). La période visée est 1650-1660. Louis XIV est alors adolescant, et joue parfois au théâtre pour divertir la cour. Par conséquent, nous avons quelques images du roi costumé, dont celle-ci :
Louis XIV en Appolon, 1654 (au passage : la classe!)
Pour en revenir au costume de Jean, j'imagine donc :
  • L'armure, bien retapée et un peu simplifiée. J'en profite pour vous montrer quelques clichés pris ce soir : 
Ici on peut voir l'état de délabrement du truc... D'ailleurs à y regarder de près, je ne suis plus certaine que ce soit de la croûte de cuir. je me demande si ce n'est pas plutôt ce qu'on appelle du carton pâte
le dos, très rayé...
  • Sous l'armure un costume ample et très richement décoré comportant :
    • une rhingrave, sorte de jupe culotte très ample et plissée qui tombe juste sous le genou. La doublure de la rhingrave est souvent un peu plus longue que la jupe culotte et resserrée à la hauteur du genou. Elle devra bien sûr être décorée de rubans en tous genres.
    • une chemise à manches amples et longues qu'on pourra resserrer autour du bras à l'aide de rubans de couleur. La forme pourrait être assez similaire à celle de la chemise de Louis sur l'image ci-dessus.
    • une cape, parce que Mars doit avoir une cape, surtout s'il est baroque (vous avez remarqué, dans les photos que je vous ai montrées la dernière fois, à quel point les peintres baroques aiment les bouts de tissus qui flottent au vent?)
  • Question accessoires, il faudra qu'on retrouve les attribus de Mars, parce que les symboles ont leur importance au XVII° : le casque et l'épée. Je crois que pour ça je vais avoir à mobiliser mes compétences en papier mâché... ça promet !
  • Enfin pour les chaussures, point toujours un peu compliqué, j'hésite encore : vaut-il mieux des sortes de spartiates qui feront vraiment déguisement de Mars mais seront compliquées à porter avec des bas (parce que la rhingrave sans bas... bof) ou des souliers qui feront très XVII° mais pourront nuire à l'aspect "déguisement historique"?

dimanche 3 juin 2012

Projet baroque : Louis en Mars et Athénaïs en Vénus

Ce nouveau projet est baroque à double titre. D'abord parce qu'il est XVII° et ensuite parce qu'il est complètement décalé. Donc au programme une double mise en abîme avec :
  • un costume de Louis XIV en dieu de la baston pour lui,
  • un costume de Mme de Montespan en déesse de la drague pour elle.
L'idée est partie d'une armure en croute de cuir dorée achetée sur une brocante pour 5€ (après un âpre marchandage, j'adore ça). "L'armure" serait un ancien costume de la comédie musicale le roi soleil d'après le vendeur. Je n'ai pas vu le spectacle, donc je ne peux pas me pronocer, mais en tout cas c'est dans l'esprit Louis XIV : doré et compliqué, avec des rayons et plein de cabochons oranges. Joli on vous dit! Il va falloir restaurer un peu la bête qui, comédie musicale ou pas, à beaucoup servi. Et probablement retirer des fanfreluches et décorations parce Mars n'est pas une minette.

Alors avant de commencer le chantier, je me suis livrée à une petite recherche d'inspiration. Contrairement à ce que je craignais, il y a quelques images qui marchent. Comme quoi c'était une vraie mode de se déguiser en dieux en XVII°.
Louis XIV en Jupiter, vainqueur de la Fronde, attribué à Charles Poerson (1609-1667)
Louis XIV enfant en Romain, Philippe de Champaigne
Louis XIV devant Maastricht, par Mignard
Madame de Pompadour en Diane, par Nattier
Madame Bonier de la Nosson en Diane, par Nattier
la Duchesse de Chaulne en Hébé, par Nattier
Nous finirons sur une capture d'écran de mauvaise qualité. Une tenue antiquisante de la Montespan, que je trouve formidable.
Madame de Montespan dans l'Allée du Roi de1996 d'après le roman de Françoise Chandernagor (film revu Trois fois pour l'occasion)

lundi 21 mai 2012

Robe New look pour mariage chic et champêtre

Samedi nous avons marié un très bon copain dans le cadre à la fois chic et champêtre d'une petit chateau de famille des Yvelines. Il me fallait une tenue adaptée à l'occasion et j'ai opté pour une robe en coton vichy vert et beige et un patron de 1953 (Butterick B5708).
Le patron a été très légèrement adapté : chez moi, la doublure est contrastante (parce que je trouve ça plus rigolo mais aussi et surtout parce que j'étais à court de tissu...) et j'ai mis deux baleines dans ce que le patron appelle le "corselet", alias la partie inférieure du corsage, pour qu'il se tienne bien droit. Voici donc ce que cela donne, porté comme il se doit sur un jupon en tulle (je n'ai pas opté pour un jupon super touffu, mais pour un volume "intermédiaire". Il faut quand même assumer la tenue dans un cadre comtenporain).
Je m'essaye à ces poses naturelles que vous verrez plus bas
et comme il faisait froid (normal, un 19 mai), je portais aussi une petite veste faite il y a quelques années, qui n'allait pas trop mal.
Ceci me donne l'occasion de revenir sur quelques inspirations.
D'abord, le new look, silhouette "inventée" par Christian Dior au lendemain de la seconde guerre mondiale, qui se caractérise par une forme sablier (hanches généreuses cachées sous des mètres de tissus-taille fine-épaules marquées un peu tombantes) et une débauche de tissu pour la jupe, marque de l'abondance retrouvée après les privations du rationnement. Quelques images de cette forme bien connue :

Attention : pose super pas naturelle !

En version du soir. Toujours ce jeu de pied extraordinairement aisé.
La Parisienne, en mode "je mets le sexe devant... je fais un tour sur moi-même, et j'avance d'un pas"
Maintenant, concernant le Vichy. Le motif est très ancien et présent dans de très nombreux pays sous des noms différents. La mode en vient un peu plus tard, en 1959 précisément, lorsque Brigitte Bardot épouse Jacques Charrier dans une robe en vichy rose en blanc.
Jacques et Brigitte. Je ne peux pas m'empêcher d'y voir une pub pour Cochonou, c'est quand même dommage !
la jupe qui tourne et dévoile les jupons... C'est coquin ça BB !
Voici donc comment l'idée m'est venue. Je suis assez contente de la robe. C'est super confortable et a bien fait son petit effet.

EDIT : Cette robe est maintenant à vendre. Tous les détails sur le bon coin.