dimanche 10 juin 2012

Nouveau corset XVIII°


Chers lecteurs,
Je dois confesser vous avoir fait des cachotteries. Voilà des semaines que je bosse sur un projet de nouveau corset XVIII° et que je ne vous en ai pas parlé. Du coup, je suis aujourd'hui en mesure de vous présenter l'objet fini. 

Je ne fais pas des corsets pour le plaisir (c'est long et peu pénible) mais il se trouve que j'ai perdu un peu de poids et que mon super joli corset à fleurs, que j'avais fait pile poil à ma taille, ne sert plus à rien. Ma poitrine glisse dedans et je perds tout l'effet push up que nous aimons tant. Or j'avais envie de quelque chose de vraiment provoquant, un peu comme Before the automobile. Le résultat est effectivement très provoquant. Mais finalement je n'assume pas, et j'ai bourré mon décolleté avec de la dentelle pour les photos...

Le tissu est le même que celui de ma robe années folles, il m'en restait plein et m'en reste encore. L'intérieur est entièrement doublé avec un coton blanc légèrement cotelé, parfait pour la transpiration (les princesses ne transpirent pas mais les vraies femmes en corsets, un peu quand même). Le biais est pris dans le tissu. C'était d'ailleurs la première fois que je faisais moi-même mon biais. Encore un truc de couture que je trouve chiant mais il faut avouer qu'après c'est la classe. Enfin, les oeillets sont brodés. La majeure partie a été brodée par ma grand mère qui a eu le malheur d'être dans les parages au mauvais moment ! Je n'ai fait que ceux des bretelles et le résultat est clairement moins beau.

Le dos, et cette fois j'ai lissé de la marge
je vais changer la couleur des rubans. Le noir est triste
Vue de dedans
Un de mes oeillets...
... et la rangée de ma grand-mère
Je suis assez contente du résultat, il est relativement confortable, la pression est bien répartie sur tout le tronc, je ne sens pas de frottements ou de zones plus comprimées que les autres. 

J'hésite juste à reprendre un peu le haut du dos pour raccourcir les baleines. On voit sur la photo de profil que les baleines montent droites alors que mon dos s'arrondit. C'est très probablement dû au fait que je me tiens mal et que mes épaules ne sont pas assez en arrière, mais c'est ma position naturelle et je ne suis pas sûre de tenir toute une journée les épaules plaquées contre le corset. Ceci posé, il faudrait peut-être adapter le corset à ma pause et non l'inverse... 

mardi 5 juin 2012

Projet Baroque : Louis en Mars

Je continue à avancer sur mon projet de Baroque louphoque...

J'arrive maintenant à visualiser le costume de Jean, à savoir pour mémoire un costume de Mars (Dieu de la guerre des Romains) tel qu'un homme du XVII° siècle aurait pu en porter.

Je voudrais que certaines pièces du costume puissent être utilisées pour une tenue de gentilhomme pas déguisé en Mars (histoire de faire une tenue qui puisse être partiellement portée de temps à autres, c'est mieux). La période visée est 1650-1660. Louis XIV est alors adolescant, et joue parfois au théâtre pour divertir la cour. Par conséquent, nous avons quelques images du roi costumé, dont celle-ci :
Louis XIV en Appolon, 1654 (au passage : la classe!)
Pour en revenir au costume de Jean, j'imagine donc :
  • L'armure, bien retapée et un peu simplifiée. J'en profite pour vous montrer quelques clichés pris ce soir : 
Ici on peut voir l'état de délabrement du truc... D'ailleurs à y regarder de près, je ne suis plus certaine que ce soit de la croûte de cuir. je me demande si ce n'est pas plutôt ce qu'on appelle du carton pâte
le dos, très rayé...
  • Sous l'armure un costume ample et très richement décoré comportant :
    • une rhingrave, sorte de jupe culotte très ample et plissée qui tombe juste sous le genou. La doublure de la rhingrave est souvent un peu plus longue que la jupe culotte et resserrée à la hauteur du genou. Elle devra bien sûr être décorée de rubans en tous genres.
    • une chemise à manches amples et longues qu'on pourra resserrer autour du bras à l'aide de rubans de couleur. La forme pourrait être assez similaire à celle de la chemise de Louis sur l'image ci-dessus.
    • une cape, parce que Mars doit avoir une cape, surtout s'il est baroque (vous avez remarqué, dans les photos que je vous ai montrées la dernière fois, à quel point les peintres baroques aiment les bouts de tissus qui flottent au vent?)
  • Question accessoires, il faudra qu'on retrouve les attribus de Mars, parce que les symboles ont leur importance au XVII° : le casque et l'épée. Je crois que pour ça je vais avoir à mobiliser mes compétences en papier mâché... ça promet !
  • Enfin pour les chaussures, point toujours un peu compliqué, j'hésite encore : vaut-il mieux des sortes de spartiates qui feront vraiment déguisement de Mars mais seront compliquées à porter avec des bas (parce que la rhingrave sans bas... bof) ou des souliers qui feront très XVII° mais pourront nuire à l'aspect "déguisement historique"?

dimanche 3 juin 2012

Projet baroque : Louis en Mars et Athénaïs en Vénus

Ce nouveau projet est baroque à double titre. D'abord parce qu'il est XVII° et ensuite parce qu'il est complètement décalé. Donc au programme une double mise en abîme avec :
  • un costume de Louis XIV en dieu de la baston pour lui,
  • un costume de Mme de Montespan en déesse de la drague pour elle.
L'idée est partie d'une armure en croute de cuir dorée achetée sur une brocante pour 5€ (après un âpre marchandage, j'adore ça). "L'armure" serait un ancien costume de la comédie musicale le roi soleil d'après le vendeur. Je n'ai pas vu le spectacle, donc je ne peux pas me pronocer, mais en tout cas c'est dans l'esprit Louis XIV : doré et compliqué, avec des rayons et plein de cabochons oranges. Joli on vous dit! Il va falloir restaurer un peu la bête qui, comédie musicale ou pas, à beaucoup servi. Et probablement retirer des fanfreluches et décorations parce Mars n'est pas une minette.

Alors avant de commencer le chantier, je me suis livrée à une petite recherche d'inspiration. Contrairement à ce que je craignais, il y a quelques images qui marchent. Comme quoi c'était une vraie mode de se déguiser en dieux en XVII°.
Louis XIV en Jupiter, vainqueur de la Fronde, attribué à Charles Poerson (1609-1667)
Louis XIV enfant en Romain, Philippe de Champaigne
Louis XIV devant Maastricht, par Mignard
Madame de Pompadour en Diane, par Nattier
Madame Bonier de la Nosson en Diane, par Nattier
la Duchesse de Chaulne en Hébé, par Nattier
Nous finirons sur une capture d'écran de mauvaise qualité. Une tenue antiquisante de la Montespan, que je trouve formidable.
Madame de Montespan dans l'Allée du Roi de1996 d'après le roman de Françoise Chandernagor (film revu Trois fois pour l'occasion)

lundi 21 mai 2012

Robe New look pour mariage chic et champêtre

Samedi nous avons marié un très bon copain dans le cadre à la fois chic et champêtre d'une petit chateau de famille des Yvelines. Il me fallait une tenue adaptée à l'occasion et j'ai opté pour une robe en coton vichy vert et beige et un patron de 1953 (Butterick B5708).
Le patron a été très légèrement adapté : chez moi, la doublure est contrastante (parce que je trouve ça plus rigolo mais aussi et surtout parce que j'étais à court de tissu...) et j'ai mis deux baleines dans ce que le patron appelle le "corselet", alias la partie inférieure du corsage, pour qu'il se tienne bien droit. Voici donc ce que cela donne, porté comme il se doit sur un jupon en tulle (je n'ai pas opté pour un jupon super touffu, mais pour un volume "intermédiaire". Il faut quand même assumer la tenue dans un cadre comtenporain).
Je m'essaye à ces poses naturelles que vous verrez plus bas
et comme il faisait froid (normal, un 19 mai), je portais aussi une petite veste faite il y a quelques années, qui n'allait pas trop mal.
Ceci me donne l'occasion de revenir sur quelques inspirations.
D'abord, le new look, silhouette "inventée" par Christian Dior au lendemain de la seconde guerre mondiale, qui se caractérise par une forme sablier (hanches généreuses cachées sous des mètres de tissus-taille fine-épaules marquées un peu tombantes) et une débauche de tissu pour la jupe, marque de l'abondance retrouvée après les privations du rationnement. Quelques images de cette forme bien connue :

Attention : pose super pas naturelle !

En version du soir. Toujours ce jeu de pied extraordinairement aisé.
La Parisienne, en mode "je mets le sexe devant... je fais un tour sur moi-même, et j'avance d'un pas"
Maintenant, concernant le Vichy. Le motif est très ancien et présent dans de très nombreux pays sous des noms différents. La mode en vient un peu plus tard, en 1959 précisément, lorsque Brigitte Bardot épouse Jacques Charrier dans une robe en vichy rose en blanc.
Jacques et Brigitte. Je ne peux pas m'empêcher d'y voir une pub pour Cochonou, c'est quand même dommage !
la jupe qui tourne et dévoile les jupons... C'est coquin ça BB !
Voici donc comment l'idée m'est venue. Je suis assez contente de la robe. C'est super confortable et a bien fait son petit effet.

EDIT : Cette robe est maintenant à vendre. Tous les détails sur le bon coin.

dimanche 13 mai 2012

Atelier crêpage de chignon

Hier, le Ministère des Modes a organisé un atelier pour apprendre à se coiffer et se maquiller à la mode XVII°-XVIII°. A toutes fins utiles, voici les quelques grandes leçons que j'en retiens :

  • Pour le maquillage d'abord : on maquille le teint en blanc légèrement rosé (fuir le parfaitement blanc qui fait masque cheap), les joues en rouge vif et éventuellement la bouche. Une mouche en feutrine noire est bienvenue pour planquer les grains de beauté, boutons et autres imperfections. En revanche, rien sur les yeux !
  • Question tifs, une très très grande variété de coiffures nous a été montrée et expliquée. Il est intéressant de noter que la coiffure s'assortit à la robe en fonction de la période choisie (c'est assez logique mais pour moi, le chignon était jusqu'à présent intemporel). Trois trucs essentiels à savoir, une fois qu'on a choisi sa coiffure :
    • Réaliser une coiffure XVII°-XVIII° demande "un peu" de préparation. S'il y a des boucles, il faut poser les bigoudis ou papillotes la veille au matin. S'il faut une structure ou des rajouts, il faut les préparer bien à l'avance et faire quelques essais avant le grand jour. 
    • Un des facteurs clés de succès c'est une réflexion approfondie sur la structure de la coiffure : comment les cheveux se répartissent-ils entre avant et arrière de la tête? Faut-il faire une raie? des boucles? Y a-t-il des structures, crépons, rajouts pour donner du volume?
    • Enfin, il ne faut pas hésiter à mobiliser des "cache-misère" en tous genres : linge, dentelle, bouquets de boucles, rajout de tresse, plumes, perles, fleurs ou fruits artificiels ou non... C'est très histo de mettre dans la coiffure des objets rappelant les goûts de la dame ou l'actualité !
En rentrant à la maison, je me suis livrée à un petit peu de travaux pratiques. Les photos sont de Jean Creative Commons License




Un grand merci aux animatrices : Pia, Fanny et Clio XVIII (dont je ne connais pas l'adresse éventuelle).

samedi 5 mai 2012

Costume renaissance à vendre !

J'ai un besoin impérieux de me séparer d'un costume volumineux car le placard craque. La mort dans l'âme, je vends mon costume renaissance vert et rose. Il s'agit de ma seconde réalisation, elle date de 2010. Je l'ai reprise pour l'améliorer l'année dernière : ajout de baleines au corsage et rétrécissement du corsage.

Je ne vous re-décris pas le costume, vous le connaissez. Je l'ai porté à Paris, à Brocéliande, à Chambord. Chaque fois avec plaisir !
piqûre de rappel
Vous trouverez tous les détails sur le bon coin.

vendredi 4 mai 2012

La robe années folles en situation

 Et voilà, l'anniversaire sur le thème des années folles est passé. Autant dire que les gens avaient vraiment joué le jeu, comme on peut le deviner sur cette photo (au passage, désolée pour la qualité des photos : elles sont prises avec un téléphone, c'est tout pourri).
 
Jean portait son costume début XX°. Il était très déçu de se sentir has been dans une soirée 1920 (c'est vrai qu'il y a un petit paradoxe ici), surtout que je le lui avais bien caché de peur et de flemme de devoir lui coudre autre chose en express. Donc je n'ai pas été sympa et il était tristounet mais ça lui a fait une nouvelle occasion de porter son frac, ce qui n'est jamais totalement mauvais. On voit aussi sur les photos une super copine costumée en garçonne. La seule de la soirée mais très bien fait je trouve.
Et c'est là que je réalise à quel point cette robe est courtichonne !

oh oh oh qu'est-ce qu'on se marre !

le clou du spectacle : la vue sur la tour Eiffel. Certes elle ne devait pas encore scintiller mais elle était déjà là en 1920